Historique

Retracer l’historique du Cercle Hippique de Kinshasa, c’est avant tout rendre hommage à Madame Elisabeth VISEZ, Fondatrice et Présidente d’honneur du CHK, dont le nom reste attaché à ce cercle.

C’est en effet, à son initiative que le CHK fut créé, le 15 septembre 1945. Il fallut tout créer, tout faire, avec rien… ou presque rien. Le cercle s’installa d’abord sur un terrain situé le long de la Gombe où quelques nouveaux chevaux vinrent rapidement s’ajouter à ceux de Madame VISEZ. Mais le Cercle dut, après quelques mois seulement, songer à quitter ses premières installations. Ce fut l’occasion pour les dirigeants d’alors de penser plus grand et de voir plus loin.

Ayant obtenu des terrains avenue Prince de Liège, actuellement avenue du Haut Commandement, le Cercle Hippique dispose rapidement d’écuries, de manèges, d’une sellerie, d’un club house, et aménage des pâturages pour les chevaux dont le nombre s’accrut régulièrement puisque les installations durent s’agrandir jusqu’à pouvoir loger 82 chevaux.

Malheureusement, le Cercle Hippique se trouve petit à petit menacé d’étranglement par l’extension d’une ville en plein essor et, en 1957, le Cercle Hippique s’installe sur son terrain actuel de l’Ozone où il faut tout recommencer et où vont s’ériger des installations considérables qui depuis n’ont cessé de se multiplier et de s’étendre progressivement: écuries modernes pour 100 chevaux, sellerie, club house, infirmerie, manèges éclairés, pistes et pâtures, atelier, magasins, maisons d’habitation…

L’écuyer qui survint précisément à cette époque, M. Pierre CHAMBRY, était bien connu en France et en Afrique tant par ses qualités professionnelles que par son énergie et ses talents d’artiste. Cet étonnant mélange valut au Cercle Hippique l’aspect que nous entendons lui garder: celui d’un cercle où le cheval est roi et où tout doit se subordonner aux progrès réalisables par chaque cavalier dans tous les domaines équestres, ainsi qu’à la mise en valeur du potentiel cheval. Le cercle lui dut aussi l’aménagement progressif des différents manèges, parcours et pistes qui font aujourd’hui encore le bonheur des membres actifs.

Et puis, ce fut l’année 1960! L’exode massif qui la marque faillit faire sombrer le Cercle Hippique et réduire à néant tant d’années d’efforts accomplis dans l’enthousiasme. Les circonstances étaient telles que Madame VISEZ, elle-même, quitta le pays; mais, avant de partir, elle remit tous ses pouvoirs à Monsieur Pepo ESKENAZI qui, de ce fait, devint Président du Cercle Hippique et qui fut confirmé à ce poste lors des élections statutaires de mars 1961. Depuis cette date et sans interruption, Monsieur ESKENAZI présida aux destinés du Cercle Hippique jusqu’en 1988.

Avec l’aide de quelques membres dévoués dont Madame PIRICK, Vice-Présidente d’honneur, il réussit à sauver le Cercle Hippique. En dépit des circonstances, ils surent prouver que l’esprit du Cercle Hippique était une réalité qu’il fallait défendre et sauvegarder. A tous ceux-là, les cavaliers d’aujourd’hui ont une énorme dette de reconnaissance.
Fin 1962, un nouvel instructeur vint reprendre l’action menée jusqu’en 1960 par son prédécesseur, en la marquant naturellement de son empreinte personnelle, davantage tournée vers la compétition, que ce soit en dressage ou en jumping. Formé à Kinshasa par M. CHAMBRY, puis au Haras du Pin, en France, M. Luc PIRICK a remis en valeur les bases d’une saine équitation. Au début 1967, Monsieur Luc PIRICK nous quitte définitivement pour s’installer en Belgique.

Le Cercle Hippique engagea alors pour le remplacer Monsieur Jacques LICART, Instructeur Professeur de Saumur et fils du célèbre Commandant LICART. Moins porté que son prédécesseur sur l’instruction et la compétition de sauts d’obstacles, Monsieur LICART avait, par tradition familiale, une prédilection pour le dressage. Son instruction basée sur la monte rationnelle, précise mais parfois ardue, avait pour objectif de donner à chaque élève, de solides principes de base avant de le lancer sur l’obstacle.

C’est à cette époque également que le CHK eut le plaisir de voir les premiers cavaliers de la Garde Républicaine participer à des compétitions civiles et y glaner de nombreuses victoires.

Les comités successifs purent faire venir de Kambaye au Kasaï, des chevaux de qualité, robustes et ardents, afin d’augmenter le nombre de chevaux qui, avec un apport important d’Argentine, allait dépasser le chiffre de 100.

Monsieur LICART quittait le Cercle Hippique de Kinshasa au milieu de 1973 pour être remplacé, au début de 1974 par le colonel Georges AUBIN; celui-ci, formé à la dure école de l’armée, allait d’emblée donner au CHK une allure différente, imprimant dans tous les domaines un rythme nouveau, fruit d’une longue expérience, qui donne aux compétitions une nouvelle dimension.

Monsieur TSHABWILA qui fut un concurrent loyal et apprécié au cours des années de compétitions auxquelles il participait en tant que Sous-Officier de la Garde Républicaine devint en 1974, l’Assistant de l’Instructeur. Il apporta pendant de nombreuses années une collaboration efficace dans la vie quotidienne du Cercle et assura avec autorité les leçons et manèges des cavaliers débutants.

Le colonel AUBIN rentra en France, au début de 1976, ainsi qu’il le prévoyait et au mois de mai 1976, Monsieur Michel JOUANIN vint prendre la relève du poste laissé vacant par son départ.
Monsieur JOUANIN entreprit de former les cavaliers sur base d’une instruction très exigeante que d’aucuns qualifièrent de militaire et qui dut être acceptée par ceux qui désiraient acquérir la solidité d’assiette indispensable à la pratique de l’équitation; Monsieur Michel JOUANIN quitta le pays au début de l’année 1978, après deux années passées au Cercle.

Le Comité de gestion sélectionna alors en qualité d’Instructeur Directeur du CHK, Monsieur Dominique PAN, de nationalité française, alors âgé de 32 ans, qui arriva à Kinshasa à la fin du mois de mai 1978. Moniteur d’équitation dès l’âge de 17 ans, Monsieur Dominique PAN obtint son brevet d’Instructeur à Saumur à l’âge de 19 ans avant de travailler sous les ordres du Commandant Guy Lefrant et des Adjudants Jack Le Goff et J.J. Guyon, tous médaillés olympiques et pour les deux premiers entraîneurs respectivement des équipes nationales française et américaine de concours complet d’équitation.

Particulièrement compétent dans toutes les disciplines de l’équitation, dynamique, perfectionniste et ayant un sens aigu de l’organisation et de l’efficacité, Monsieur PAN marqua le Cercle Hippique de Kinshasa de son empreinte. Il n’est pas un secteur de la vie du CHK qui n’ait été réorganisé et amélioré par lui: soins et alimentation des chevaux, manèges, instruction, aménagement du domaine, concours hippiques, sellerie, maréchalerie… tout retenait son intérêt et faisait l’objet de ses soins attentifs. Il fut admirablement aidé dans sa tâche par son épouse Christine qui prit en mains la gestion de l’infirmerie vétérinaire et du poney club.

C’est durant leur séjour au Congo et sous leur direction que le Cercle acheta et installa sa propre usine de fabrication des aliments pour ses chevaux, entreprit les premiers transports annuels de chevaux en avion pour participer au CSI de Lubumbashi et organisa les premiers championnats nationaux en 1982 et 1984. Après 8 années au CHK, Monsieur et Madame PAN choisissaient de rentrer en France, en avril 1986, laissant derrière eux une solide infrastructure.

Pour les remplacer, le Comité de gestion retint la candidature de Monsieur et Madame Stephen COLUMEAU, âgés respectivement de 36 et 29 ans lors de leur arrivée au CHK en septembre 1986. Moniteur d’Equitation depuis 1973, Monsieur Stephen COLUMEAU a également suivi une formation à l’Ecole Nationale d’Equitation de Saumur. Madame COLUMEAU est monitrice d’équitation et infirmière. Plus porté sur l’obstacle que sur le dressage, Monsieur COLUMEAU constitue rapidement autour de lui une équipe de cavaliers rêvant de briller en jumping et lui insuffle l’enthousiasme indispensable. Très proche de ses cavaliers, toujours prêt à les écouter, il acquiert d’emblée, de même que son épouse, la sympathie de tous.

En 1998, après 28 années à la présidence du Cercle, Monsieur ESKENAZI choisit de s’en retirer et passa le relais à l’un de ses Vice-Présidents, Monsieur Denis LE JEUNE sous l’autorité duquel le Cercle continua son développement. Une des premières décisions du nouveau comité fut de nommer Monsieur ESKENAZI en qualité de Président d’Honneur tant sa contribution à notre Cercle fut importante.

1991 et 1993 et les tragiques événements qui les marquèrent furent durement ressentis par le CHK. Ce fut à nouveau l’exode de nombreux membres et l’inquiétude sur l’avenir. Heureusement, un groupe réduit de membres courageusement épaulés de Monsieur et Madame COLUMEAU, resta sur place et sauvegarda nos splendides infrastructures.

En 1993, après un mandat de cinq années comme Président, Monsieur LE JEUNE décida de ne plus se représenter aux élections du comité et en mars 1993, Monsieur Jean-Michel TURLOT fut élu pour devenir le quatrième Président du Cercle Hippique de Kinshasa.

Malgré les difficultés considérables de cette époque, l’activité équestre reprit bientôt ses droits et l’esprit du Cercle Hippique bouscula les difficultés jusqu’à organiser, en 1997, le Premier Jumping International de Kinshasa.

La guerre débutée au mois d’août 1998 refroidit cependant à nouveau les enthousiasmes, plusieurs membres quittèrent le pays et au début de l’année 2000, Monsieur COLUMEAU informa le Comité de gestion de sa décision de ne pas prolonger son séjour au Congo au-delà du mois de juin. Monsieur et Madame COLUMEAU quittèrent ainsi le CHK après 14 années de présence ininterrompue.

Ce fut l’occasion pour le Comité de faire le choix de la jeunesse pour leur succéder. Parmi plus de 80 candidatures venues des cinq continents, celle de Xavier et Karine GARZONIO est retenue: de nationalité française, âgés respectivement de 29 et 26 ans quand ils arrivent au CHK fin juin 2000, tous deux titulaires du BEES 1er degré, diplômes obtenus à l’Ecole Nationale d’Equitation de Saumur avec la double option obstacles et dressage. Ils sont également porteurs de certificats d’aptitude professionnelle en soins vétérinaires et maréchalerie.

Dès leur arrivée, de nouvelles activités sont proposées (voltige, horse-ball, baby-poney…), les concours hippiques s’enrichissent d’épreuves pour poneys dans toutes les disciplines et les leçons connaissent un vif succès chez tous les cavaliers désireux de trouver les bases d’une équitation classique par l’apprentissage de solides principes.

Sous l’impulsion du comité de gestion et avec le soutien enthousiaste des membres, le Cercle renoue alors avec sa tradition des grandes compétitions hippiques: en 2002 est organisé un concours national d’équitation et à partir de 2003, c’est un concours international de saut d’obstacles que la capitale du pays se voit d’offrir chaque année, drainant des milliers de spectateurs assidus.

Malgré cette activité équestre intense, le Cercle reste cependant fragile et son domaine foncier attire les convoitises dans une ville où l’urbanisation se développe avec frénésie et où les rares espaces verts sont perpétuellement menacés. Avec obstination et courage, Monsieur TURLOT déjouera de nombreuses tentatives d’appropriation du domaine et consolidera le statut juridique des terrains.

C’est sous sa présidence également qu’en 2005, le Cercle réalisa un objectif remis à plusieurs reprises, celui de sa transformation juridique de société coopérative en ASBL.

En mars 2007, après 32 ans de présence ininterrompue au comité, dont 7 années comme Vice-Président et 14 années comme Président, Monsieur Jean-Michel TURLOT a décidé de se retirer de la gestion des affaires du Cercle et de laisser la place au cinquième Président, Thierry Taeymans.

En juin 2008, après 8 années passées au CHK, Monsieur et Madame GARZONIO ont décidé de rentrer en France.

Le choix du Comité s’est porté sur la candidature de Madame Marika HAJDU et de Monsieur Alexandre SCHILT de nationalité française, âgés respectivement de 38 et 40 ans, titulaires du BEES 1er degré, possédant une formation classique.
Après 2 années, Madame Marika HAJDU et Monsieur Alexandre SCHILT ont décidé de repartir en France.

La candidature de Monsieur Alain Mathure et Madame Natasha Carleton a été retenue par le Comité et ils ont rejoint les installations du Cercle Hippique fin juin 2010. Ils sont titulaires du BEES 1er degré, respectivement de nationalité française et de nationalité britannique, âgés de 48 et 39 ans. En mai 2012, ils ont décidé de repartir en France.

A l’issue de l’AGO de mai 2012, Madame Françoise Van de Ven, pour des raisons professionnelles a préféré ne plus assurer le rôle de Présidente. Durant ses trois années de Présidence, elle a été particulièrement active dans la préservation des terrains et la protection du domaine du CHK. Monsieur Thierry Taeymans lui a succédé en tant que 8ème Président.

Le Comité retint parmi les candidatures reçues celle de Mademoiselle Morgan Barreteau, de nationalité belge, âgée de 23 ans et diplômée de l’Ecole d’Equitation de Gesves et ce, pour une année.

Pour la remplacer, le Comité de gestion a retenu la candidature de Monsieur et Madame Claude HERBRETEAU, de nationalité française, âgés respectivement de 44 et 54 ans. Ne s’adaptant pas au pays, ils ont décidé de repartir en France.

Le Comité a alors engagé Monsieur Xavier DELMOTTE et Mademoiselle Lorine FIVET de nationalité belge, tous deux diplômé de Gesves. Monsieur Xavier DELMOTTE a été durant de nombreuses années professeur de pratique professionnelle et de cours techniques à l’Ecole d’Elevage et d’équitation de Gesves. Mr et Madame Delmotte ont decidé en Juin 2017 de retourner à Gesves au terme de leurs mises en disponibilité légale par cette institution.

Laetitia Morialmé et Abderahim Ben Saleh

Pour les remplacer, un nouveau couple débordant d’enthousiasme et d’esprit d’initiative nous a rejoint, il s’agit de Madame Laetitia Morialmé, ancienne directrice-instructrice des écuries « Staf ter Molleken » et de son compagnon Abderahim Ben Saleh qui assure les fonctions de directeur technique.

Pour compléter cet historique du cercle Hippique, chaque visiteur et chaque membre se doit d’avoir une pensée reconnaissante pour l’équipe de palefreniers, infirmiers, maréchal-ferrant et autres membres du personnel qui assurent les soins aux chevaux et pour les ouvriers et travailleurs qui ont la charge de l’entretien du matériel et des installations. Ils font partie intégrante de la vie active et dynamique du Cercle et certains d’entre eux, qui aujourd’hui encadrent les plus jeunes, sont les meilleurs témoins de l’évolution du Cercle puisqu’ils en ont suivi les diverses étapes depuis plusieurs dizaines d’années.

Le Cercle Hippique de Kinshasa a ainsi l’assurance de pouvoir pratiquer une saine équitation basée sur la tradition et de conserver un esprit dont chaque membre doit avoir à coeur de respecter la réputation, tout en acceptant une discipline largement compensée par les avantages qu’elle procure à ses membres.

Et si l’histoire du Cercle Hippique couvre déjà six décennies, c’est parce que des membres, souvent dans l’ombre de l’anonymat, lui ont apporté leur compétence et leur temps. Ils méritent tous une pensée, un remerciement… ils sont l’exemple pour l’avenir du CHK.